La prévention et le dépistage des cancers gynécologiques

Le dépistage des cancers gynécologiques constitue un enjeu majeur de santé publique. Associé aux mesures de prévention primaire, telles que la vaccination lorsqu’elle est disponible, il permet de détecter précocement les lésions précancéreuses ou les cancers, d’améliorer le pronostic des patientes et de réduire la mortalité. Afin d’illustrer les enjeux actuels de la prévention et du dépistage, nous prendrons l’exemple de la France, dont les programmes de santé publique témoignent à la fois des progrès réalisés et des défis restant à relever. 

 

La situation française montre des avancées notables mais également des défis persistants dans la prévention et le dépistage des cancers gynécologiques. Par exemple, pour le cancer du col de l’utérus (CCU), on recense chaque année près de 3100 nouveaux cas et environ 1100 décès. Le CCU est considéré comme un cancer largement évitable grâce à la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) et à un dépistage régulier adapté. 

 

Le programme national de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus (PNDOCCU), instauré en 2018, a pour objectif d’améliorer la participation au dépistage des femmes âgées de 25 à 65 ans grâce à des invitations ciblées, des relances et des actions de médiation destinées aux populations les plus éloignées du système de soins. Sur la période 2020-2022, le taux de couverture du dépistage a atteint 59,5 %. Bien que ce taux soit en progression, il reste inférieur aux objectifs fixés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui recommande que 70 % des femmes bénéficient d’un dépistage à l’aide d’un test de haute performance à l’âge de 35 ans puis à nouveau à 45 ans dans le cadre de sa stratégie d’élimination du cancer du col de l’utérus. Il demeure également inférieur aux taux observés dans certains pays européens, où la couverture du dépistage avoisine 75 %. 

 

En matière de vaccination contre les HPV, qui constitue la principale mesure de prévention primaire, la France progresse, mais reste encore loin des objectifs fixés. En 2023, la couverture vaccinale (au moins une dose) chez les filles de 15 ans était estimée à 54,6% et 44,7% pour deux doses chez les filles de 16 ans. Des disparités territoriales importantes persistent, notamment dans les régions d’outre-mer et dans certaines régions métropolitaines. 

 

Par ailleurs, la prévention des autres cancers gynécologiques (tels que le cancer de l’ovaire, le cancer de l’endomètre, le cancer de la vulve, le cancer du vagin) reste plus limitée en termes de dépistage organisé ou spécifique, ce qui pose un défi pour une prise en charge précoce et efficace. 

 

Pour les professionnels de santé, il est essentiel de renforcer l’information et l’adhésion au dépistage parmi les patientes, de maintenir un suivi rigoureux selon les recommandations (par exemple pour le CCU : frottis cytologiques ou test HPV selon l’âge), et d’être attentif aux inégalités d’accès au dépistage et à la vaccination (zones géographiques, populations vulnérables). Le rôle de la sensibilisation, de la coordination interprofessionnelle, et des stratégies ciblées (médiation sanitaire, unités mobiles) demeure central. 

 

Ainsi, la France se situe dans une phase de transition : les outils de prévention et de dépistage existent et sont bien définis, mais leur diffusion et leur couverture restent perfectibles. Il est impératif d’améliorer la mobilisation des patientes, d’optimiser les parcours de dépistage et de vaccination, et de réduire les disparités territoriales pour atteindre les objectifs d’élimination des cancers gynécologiques évitables. 

https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/cancers/cancer-du-col-de-l-uterus/articles/programme-de-depistage-du-cancer-du-col-de-l-uterus 

 

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